La carderie de Saint-Géry, située à Vers dans le Lot, possède une histoire industrielle riche et singulière, à l’image de nombreux établissements implantés le long des rivières du Quercy. À l’origine, il s’agissait d’une mouline à fer, activité typique de la région au Moyen Âge, utilisant la force hydraulique pour actionner les marteaux et autres équipements nécessaires à la transformation du minerai.
C’est à la fin du XVe siècle que le site opère un changement notable : la mouline est reconvertie en papeterie, activité en plein essor à cette époque en raison de la demande croissante en papier. Le bâtiment principal, encore visible aujourd’hui et d’un volume imposant, témoigne de cette période florissante. Il fut érigé en 1715, dans un style architectural fonctionnel mais soigné, caractéristique des constructions industrielles du XVIIIe siècle.
Vers 1800, l’établissement est mentionné sous le nom de « Papeterie de Vers », alors propriété de Monsieur Daubé. Cette activité se poursuivra tout au long du XIXe siècle, jusqu’à un nouveau tournant industriel : en 1880, l’ancienne papeterie est transformée en carderie, c’est-à-dire un atelier destiné au cardage de la laine, étape essentielle dans la préparation des fibres textiles.
Fait étonnant, en 1920, bien que le site soit officiellement signalé comme étant « fermé », il est tout de même enregistré avec une puissance installée de 4 kW sous l’appellation ancienne de « la Papeterie ». Cela laisse supposer soit une activité résiduelle ou sporadique, soit un usage ponctuel des infrastructures hydrauliques encore en place.
À cette époque, la propriété appartient à Xavier Gisbert, avocat à Cahors, qui se distingue par ses multiples possessions industrielles dans la vallée : il est également propriétaire des trois moulins situés à proximité. Ce cumul de biens révèle non seulement une stratégie patrimoniale, mais aussi un certain intérêt pour la valorisation des sites à potentiel énergétique.
Ci-dessous, quelques images illustrant l’imposant bâtiment de la carderie de Saint-Géry à Vers, son environnement naturel et les traces de son activité industrielle passée.




